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2017, année des messageries sécurisées

Pour l’heure, peu de pharmaciens utilisent MSSanté, la messagerie sécurisée proposée par l’Asip Santé. En cause, un fonctionnement qui n’est pas adapté à l’organisation des officines. Mais les solutions proposées par les éditeurs début 2017 devraient répondre aux besoins de la profession.

C’est en 2012 que l’Asip Santé (Agence française de la santé numérique) commence à travailler à l’élaboration du système de messageries MSSanté. L’idée est de proposer aux professionnels de santé, en ville ou à l’hôpital, une messagerie sécurisée répondant à leurs besoins mais aussi aux enjeux de confidentialité des données de santé. « A l’époque, peu d’offres existaient et les éditeurs de logiciels avaient besoin d’un cadre, relate David Petauton, responsable de la communication de l’Asip Santé. Il fallait une offre interopérable et universelle. C’est l’espace de confiance MSSanté. L’Asip Santé met en place les conditions pour que les éditeurs puissent se raccorder à cet espace et veille à sa sécurisation.» Et le système peut être comparé à celui du réseau téléphonique : un réseau universel avec des normes, auquel tous les opérateurs peuvent se raccorder et qui permet à tous les abonnés de communiquer entre eux. A la différence près que l’espace de confiance MSSanté est un circuit fermé. Seuls les professionnels de santé identifiés par leur carte CPS peuvent se connecter et échanger entre eux.

Si le concept est simple, il est complexe techniquement. Les éditeurs de logiciels, réunis au sein de la Fédération des éditeurs d’informatique médicale et paramédicale ambulatoire (Feima), doivent attendre la publication des spécifications techniques fin 2014 pour s’emparer du sujet. « La Feima voulait une intégration unique de ces spécificités, car les éditeurs sont confrontés à plusieurs exigences. Le deuxième point était de coller aux usages des professionnels. L’intégration nécessitant des investissements importants, il faut savoir s’il y a une ualeur d’usage », détaille Francis Mambrini, président de la fédération.

Un déploiement très progressif

Deux ans après, qu’en est-il ? En novembre 2016, 610 établissements de santé sont en capacité d’envoyer des mails dans l’espace sécurisé, dont 150 sont en relation avec les professionnels de santé libéraux. Toujours selon l’Asip Santé, au mois d’octobre, 170 000 mails ont été envoyés par les établissements vers leurs bassins de prescripteurs, soit quatre fois plus qu’en avril 2016. Et du côté des professionnels de ville ? Ils ont ouvert à ce jour 30 000 boîtes aux lettres, (70 % de médecins, 8 % d’infirmiers et… 5 % de pharmaciens). « Il s’agit d’abord d’équiper les établissements de
santé, les plus gros pourvoyeurs d’informations médicales. Et lorsqu’un établissement est prêt à envoyer des mails via MSSanté, nous faisons des campagnes d’informations auprès des professionnels de santé libéraux autour de l’hôpital. Mais il faut que l’offre des éditeurs en ville soit prête. En 2016, on commence à avoir des solutions », explique David Petauton. Or, jusqu’à présent, MSSanté n’a pas convaincu les pharmaciens, malgré le soutien de l’Ordre.

« Les systèmes informatiques n’ont pas pris en compte l’organisation spécifique de l’officine. Ils sont construits sur la base d’un seul professionnel de santé travaillant sur un seul ordinateur. », explique Philippe Gaertner, président de la FSPF (Fédération des syndicats pharmaceutiques de France). Gilles Bonnefond, président de l’USPO (Union des syndicats de pharmaciens d’officine), fait le même constat : « La carte CPS est bloquée dans un lecteur pour permettre la facturation par télétransmission et ouvrir les sessions du dossier pharmaceutique. Impossible d’accéder à la messagerie depuis un autre poste ! La problématique était de trouver des solutions technologiques pour que la carte CPS hyper-sollicitée, ne soit pas un goulot d’étranglement pour accéder à d’autres services comme MSSanté. L’autre difficulté est que les postes en officine sont multi-utilisations et multi-utilisateurs, reconnaît Denis Supplisson, vice-président du Collège des pharmaciens au sein de la Feima et directeur général délégué de Pharmagest. Mais les quatre éditeurs travaillant avec l’Asip Santé* se sont engagés à intégrer MSSanté dans leur logiciel durant 2016. Les deux principaux éditeurs ont réussi cette étape. Les pharmaciens pourront accéder à la messagerie de chaque poste de l’officine sans sortir leur carte CPS et sans quitter leur environnement de travail. »

Cegedim/Smart Rx propose ainsi un dashboard qui intègre le logiciel métier et MSSanté. Cette solution va permettre au pharmacien d’installer sa messagerie et d’y accéder depuis n’importe quel poste de travail. Il recevra également des notifications des mails reçus. La solution Opus permet déjà d’installer la MSSanté sur les postes de travail. […] Mais l’accès à MSSanté sera-t-il gratuit ? « Cela dépend de la stratégie de chaque éditeur », répond Francis Mambrini. […]

Vers la conciliation médicamenteuse Ces offres devraient contribuer au déploiement de la messagerie sécurisée des pharmaciens. « On constate que, dès qu’un pharmacien utilise MSSanté, cela fait tache d’huile et que les autres professionnels de santé installent la messagerie », remarque Stanislas Dunoyer, directeur marketing produit & innovations au sein de Smart Rx.

« Le premier usage est la communication entre les établissements et les pharmaciens pour la sortie hospitalière. Mais d’autres usages doivent être développés. Nous avons lancé un appel d’offres pour l’analyse de l’ordonnance et la conciliation médicamenteuse dont le cahier des charges comprend l’utilisation de MSSanté », remarque David Petauton. « La deuxième étape est de travailler à l’intégration de
tous les cas d’usage avec les représentants des pharmaciens », conclut Denis Supplisson.

 

Article du Moniteur des Pharmacies, janvier 2017

Publié le 12/01/2017

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